Première victoire sur Areva !

Vos signatures devant la Tour Areva, juste avant la remise de la pétition
30/06/2014

Après des mois de négociations, AREVA et le Niger ont annoncé le 26 mai dernier la signature d'un nouveau contrat, plus favorable qu'auparavant pour cet Etat parmi les plus pauvres au monde, malgré la richesse de son sous-sol.

Le précédent contrat, qui courait officiellement jusqu’au 31 décembre 2013, accordait de nombreuses exonérations fiscales à la multinationale, au détriment des Nigériens. Depuis des mois, le géant du nucléaire, détenu à plus de 80% par l’Etat français, négociait en toute discrétion pour obtenir à nouveau un accord  à son avantage, et ce alors qu'au Niger, chaque revenu supplémentaire est crucial pour financer la santé, l'éducation et l'agriculture.

A l’automne dernier, pour faire face à cette situation inadmissible, nous avons lancé en urgence, avec des organisations nigériennes comme le ROTAB, une campagne de mobilisation et un travail de plaidoyer pour qu'AREVA respecte la loi et renonce à ses privilèges fiscaux.

Aujourd'hui, grâce à la mobilisation citoyenne en France et au Niger, AREVA vient d'annoncer qu'elle s'engageait (enfin !) à respecter la loi minière du Niger. Les taxes sur le minerai extrait passeront ainsi de 5,5% à 12% et l'entreprise ne bénéficiera plus, en principe, d'exonérations fiscales indues.

Une bonne nouvelle même si nous regrettons l'opacité qui a entouré les négociations. Le contrat, en fait un accord cadre général de quatre pages, n'a été publié que plus d'un mois après sa signature.Les détails des conventions et contrats entre la multinationale française et le gouvernement du Niger seraient eux encore en cours d’élaboration, et on ne sait rien du processus lui-même.

Dans les prochains mois, nous resterons donc vigilants pour nous assurer que des concessions n'ont pas été négociées derrières des portes closes, et pour garantir que les nouvelles mesures seront bien appliquées sans retard. Avec nos partenaires au Niger nous comptons bien surveiller de près la mise en œuvre de ce nouvel accord.

Cette victoire contre l'une des plus puissantes entreprises françaises montre une nouvelle fois l'efficacité du plaidoyer associé à la mobilisation citoyenne ici et là-bas.


Cet article a été produit avec le soutien financier de la Commission européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité d'Oxfam France et ne reflète pas nécessairement les positions de la Commission européenne et de ses services.