COP 23 : un bilan amer pour les populations les plus vulnérables

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28/11/2017
Après deux semaines de conférence des parties sur le climat (COP23), l’heure est au bilan. Cette COP a été présidée pour la première fois par un Etat insulaire frappé de plein fouet par les conséquences du changement climatique, les îles Fidji, mais s’est tenue à Bonn en Allemagne pour des raisons logistiques.
 
Ce geste symbolique fort pour les pays les plus touchés par la crise climatique n’a malheureusement pas été suivi d’actions concrètes pour les soutenir.

La solidarité des Etats riches avec les Etats les plus impactés n’a pas été au rendez-vous

Adopté lors de l’Accord de Paris sur le climat en 2015 (COP 21), la notion de pertes et dommages prend en compte une réalité injuste : les Etats les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre, principale cause du changement climatique, en sont pourtant les premières victimes. Ils subissent des dommages irrémédiables à cause de phénomènes climatiques extrêmes (montée des eaux, salinisation des terres, typhons, inondations, ouragans) synonymes de pertes de vies humaines, de conséquences économiques et de migrations forcées (voir notre rapport sur les populations déplacées par le changement climatique).
 
Pour rétablir une forme de justice mondiale face au changement climatique, les pays riches se sont engagés à aider à rassembler 100 milliards de dollars d’ici 2020. Deux ans après la COP21, on est encore loin du compte. Pourtant les Etats sont arrivés les poches vides à Bonn, et se sont contentés d’un engagement à faire un rapport en 2018, lors de la prochaine COP, sur les progrès accomplis dans la mobilisation de ce financement.
 
Il est encore possible pour les pays riches de faire preuve de solidarité. Le 12 décembre, Emmanuel Macron a convoqué un sommet international sur le climat (One Planet Summit) portant sur la question des financements. La France doit devenir championne et s’engager concrètement à soutenir les pays pauvres, en doublant le montant de ses financements dédié à l’adaptation au changement climatique, et en étant moteur dans les discussions sur la taxe européenne sur les transactions financières, qui permettrait de dégager 22 milliards d’euros par an, et dont la moitié doit être affectée à la solidarité internationale et au climat.
 
Pour soutenir ces demandes, Oxfam se joint à la grande mobilisation prévue autour du sommet du 12 décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur pasuneurodeplus.info.
 

Des lueurs d’espoirs pour le futur

Malgré ces lacunes certaines, des jalons ont été posés dans la bonne direction lors de la COP23. Dès l’année prochaine, lors de la COP24 qui aura lieu en Pologne, les Etats seront appelés à revoir à la hausse leurs objectifs de diminution d’émission de gaz à effet de serre . Ce sera le premier grand rendez-vous politique depuis la COP21. Atteindre des objectifs de réduction plus ambitieux est crucial, car pour l’instant, les engagements pris par les pays lors de la COP21 nous conduisent  vers un réchauffement de la planète de 3 degrés, aux conséquences catastrophiques.
 
Les pays ont également avancé sur la question agricole, en relançant un groupe de travail bloqué depuis 6 ans, ce qui va permettre de mieux répondre au défi de la sécurité alimentaire, à l’heure où la faim dans le monde a augmenté pour la première fois depuis 10 ans.
 
Le rôle des populations autochtones, et notamment des femmes, premières impactées et premières mobilisées face à la crise climatique, a été reconnu et des mesures ont été prises pour mieux les inclure dans les processus de négociations sur le climat.
 
Enfin, force a été de constater pendant la COP23 l’isolement diplomatique des Etats-Unis après le retrait de l’Accord de Paris décidé par Donald Trump. Ce retour en arrière a été unanimement décrié, et des activistes, des gouverneurs et des chefs d'entreprises ont montré que les citoyens américains se mobilisent pour le climat en dépit des décisions de la Maison Blanche.
 
En France aussi, la mobilisation continue et va s’intensifier dans les prochaines semaines. Pour rejoindre le mouvement mondial pour la justice climatique, rendez-vous ici.