Témoignage : " Nos enfants ne peuvent aller à l’école car ils ont trop faim "

Lucy Mugawa vit dans le village de Kazembe, dans le district de Mulanji au Malawi.
Lucy Mugawa vit dans le village de Kazembe, dans le district de Mulanji au Malawi.
15/11/2016

Lucy Mugawa et son mari, du village de Kazembe dans le district de Mulanji au Malawi, luttent pour nourrir leurs six enfants, suite à la pire sécheresse que l'Afrique australe ait connue en 35 ans.

Lucy explique que la sécheresse et les pénuries alimentaires qui font rage en ce moment au Malawi l’empêchent de nourrir correctement sa famille.

« Je cherche de quoi nourrir ma famille ici et là, mais ce n’est jamais assez. Mon mari joue aussi son rôle. Mais je dois admettre que nous luttons au quotidien pour nourrir nos enfants. L'an dernier, j'ai cultivé du maïs mais les pluies ont été très aléatoires. A cela s’ajoute le manque de semences et d'engrais. »

« Du fait du changement climatique, la récolte de cette année a été très pauvre et nous avons épuisé nos ressources en quelques mois. Certains jours, nous ne mangeons qu’une seule fois, mais le plus souvent nous allons nous coucher l’estomac vide. Nos enfants n’arrivent pas à aller à l’école car ils ont faim. »

Le mari de Lucy, Julius Matheyo, n’a eu récemment d'autres choix que de recourir à des mesures désespérées pour sauver sa famille de la famine.

« En tant que chef de la famille, je me sens mal face à cette situation. J'ai une grande famille. J'utilise des moyens illégaux pour faire vivre ma famille. Je m’introduis illégalement dans la réserve forestière de Mulanje Mountain. Là, je rencontre beaucoup d'obstacles. Les gardes forestiers nous chassent tout le temps. Mais quand je suis chanceux, j’abats des arbres et je vends le bois pour pouvoir nourrir ma famille. Parfois, je reviens les mains vides. »

Julius ne veut pas avoir à enfreindre la loi et souhaiterait avoir de l’aide pour pouvoir subenir aux besoins de sa famille grâce à l'agriculture.

« Si nous n’obtenons pas d’aide extérieure, je devrais continuer à abattre les arbres de la réserve forestière car c'est la seule façon pour moi de nourrir mes enfants. Je sais que c’est illégal mais je n’ai pas le choix. Si nous arrivons à avoir des semences et de l’engrais, je peux vous assurer que je serais en mesure de cultiver à plein temps. »

A l’occasion de la conférence internationale sur le climat (COP22), demandez aux gouvernements de soutenir les populations vulnérables, les moins responsables du changement climatique, et pourtant les plus durement touchées.