Choléra au Yémen : une course contre la montre pour enrayer l’épidémie

Une équipe d’Oxfam désinfecte une source d’eau pour endiguer l’épidémie de choléra. District de Sharab Al-Rona, gouvernorat de Taiz. Photo : Khaled Aljunaid/Oxfam
20/07/2017

Deux années de conflit ont plongé le Yémen dans l’une des plus graves crises humanitaires au monde et l’expose au risque de famine. Le pays est désormais aux prises avec une épidémie de choléra qui tue quasiment une personne toutes les heures. Jamais une épidémie de choléra n’avait touché autant de personne en si peu de temps, depuis 1949, date à laquelle de telles données ont commencé à être enregistrées. Si elle n’est pas endiguée, cette épidémie menacera la vie de plus de 600 000 personnes au cours des prochains mois.

La plus grave épidémie de choléra au monde

En à peine trois mois, une épidémie de choléra a gagné quasiment tout le territoire du Yémen, dévasté par la guerre. On estime que plus de 360 000 personnes souffrent du choléra dans le pays. Plus de 2 000 personnes sont mortes, dont un quart d’enfants. Selon les prévisions de l’ONU, et avec l’arrivée de la saison des pluies de juillet à septembre, le nombre de personnes touchées atteindra les 600 000 personnes dans les prochains mois.

Les efforts déployés pour vaincre le choléra sont considérablement entravés par le conflit, qui a anéanti les systèmes de santé, d’eau et d’assainissement. Les déchets s’amoncellent dans les rues et dans les campements de personnes déplacées. Les Yéménites font face à une pénurie chronique de fournitures médicales et seulement 45 % des établissements de santé fonctionnent encore. Ce conflit a accéléré une crise alimentaire et a laissé 7 millions de personnes au bord de la famine. On estime que 18,8 millions de personnes ont désormais besoin d’aide humanitaire, notamment de nourriture, d’eau potable et d’assainissement. Une telle situation accroît le risque de propagation rapide et incontrôlée de l’épidémie.

Il s'agit d'une crise massive nécessitant une réponse massive, les chiffres disponibles sous-estimant probablement l'ampleur de celle-ci. Jusqu'à présent, les financements des bailleurs de fonds pour payer l'effort humanitaire ont été, au mieux, médiocres et représentent moins de la moitié des fonds nécessaires.

Dans l'hôpital d'Al-Sabeen, un espace a été aménagé pour accueillir les femmes présentant les symptômes du choléra. Du glucose leur est administré afin de les réhydrater. Crédit : @Gabreez.

Qu’est-ce que le choléra ?

Le choléra est une maladie causée par une infection bactérienne de l’intestin, qui peut provoquer une diarrhée aqueuse aiguë s’accompagnant de vomissements. Faute d’un traitement approprié et rapide, la perte de grandes quantités de liquide et de sels peut entraîner une déshydratation intense et la mort en quelques heures. Comme la période d’incubation est très courte (de deux heures à cinq jours), le nombre de cas peut augmenter très vite.

Le choléra est extrêmement contagieux. Il se transmet généralement par contamination fécale de l’eau, des mains ou des aliments. Le risque est particulièrement élevé dans les communautés surpeuplées et parmi les populations déplacées et réfugiées, où le manque d’assainissement, d’eau potable et de nourriture, ainsi que la promiscuité, facilite la propagation de la maladie. La menace de famine qui sévie dans une grande partie du pays constitue ainsi le terreau idéal à une propagation rapide de l’épidémie.

Cinq actions pour enrayer la propagation

Depuis le début de l’épidémie, Oxfam s’efforce d’endiguer la maladie en concentrant son action sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable et la promotion des bonnes pratiques d’hygiène :

  1. Nous réparons les systèmes d’adduction d’eau et nous désinfectons les sources et réservoirs d’eau au chlore, ce qui permet d’éliminer ou de réduire les bactéries.
  2. Nous fournissons du matériel de purification de l’eau et des produits d’hygiène, tels que du savon pour se laver les mains, des seaux et des récipients pour stocker l’eau en toute sécurité.
  3. Nous construisons des latrines et fournissons des installations de gestion des déchets solides pour le traitement des excréments afin d’éviter tout contact.
  4. Nous formons des bénévoles des communautés pour qu’ils et elles puissent relayer les informations sur la prévention et le traitement du choléra, notamment le lavage des mains et le nettoyage des installations de stockage de l’eau.
  5. Nous menons des campagnes de santé publique visant à informer la population sur les mesures que chacun peut prendre au sein de sa famille pour prévenir et soigner le choléra.

 

Agissez maintenant

Dans le cadre de son intervention dans les domaines de l’eau et de l’assainissement, Oxfam a déjà porté assistance à plus de 418 000 personnes dans les gouvernorats de Taiz, d’Aden, de Hajja et d’Amran. Il n’est pas compliqué de traiter et de prévenir le choléra, mais la poursuite des combats sur le terrain rend la tâche deux fois plus difficile.

Sans une aide humanitaire massive et immédiate pour endiguer l’épidémie, celle-ci risque de devenir l’une des plus graves de ce siècle. Votre soutien est crucial.