Epidémie d’Ebola

Une infirmière vérifie la température d'une femme avant son entrée au Mali depuis la Guinée, afin d'éviter la propagation d'Ebola. Photo : Joe Penny / Reuters
Afrique de l'Ouest, 2014
28/10/2014

La fièvre Ebola s’est d’abord déclarée en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia avant de s’étendre au Nigeria et au Sénégal. Près de 7 000 personnes en sont mortes.

L’objectif fixé par les Nations unies d’isoler au moins 70% des patients présentant les symptômes d’Ebola et d’assurer la sécurité d’au moins 70% des enterrements au 1er décembre n’a pas pu être atteint, de nombreux cas n’étant pas identifiés suffisamment tôt.

Les actions d’urgence d’Oxfam sur le terrain

Notre priorité est d'endiguer la propagation de l'épidémie. Nos actions ont déjà aidé directement à près de 1,1 millions de personnes, en Sierra Leone, au Libéria, au Mali, en Guinée Bissau, en Gambie et au Sénégal.

  • Nous procurons de l’eau, des équipements d’hygiène et des services d’assainissement aux centres de traitement de l’Ébola et aux centres de santé communautaires. Nous fournissons également des combinaisons de protection individuelle au personnel de santé exposé ;
  • Nous distribuons du matériel pour permettre l’organisation de funérailles dans la dignité et en toute sécurité. En effet, un grand nombre de contaminations a lieu lors des funérailles. Le matériel que nous fournissons (désinfectants, combinaisons de protection, produits de traitement de l’eau...) permettent de limiter les risques ;
  • Nous installons du matériel permettant à chacun de se laver les mains dans les lieux publics, au coeur des communautés ;
  • Nous menons aussi d'importantes campagnes de sensibilisation pour informer la population sur les mesures de prévention à prendre, les modes de propagation du virus, les symptômes etc. Nous formons des acteurs locaux, actifs dans leur communauté et diffusons des messages sur des panneaux publicitaires et à la radio.

Une crise révélatrice de profondes injustices

A Oxfam, nous ne sommes pas médecins. Mais nous connaissons bien les systèmes de santé, leurs failles, les problèmes de financement qu’ils peuvent rencontrer et l’impact qu’ils ont sur la santé publique, notamment sur les populations les plus pauvres.

Cette épidémie met en lumière un des fondements de notre action : les inégalités d’accès aux soins, en particulier dans les pays pauvres, et leurs conséquences à long terme, par exemple sur la sécurité alimentaire.

Dans un pays riche, au système de santé solide, la chaîne de transmission du virus aurait été brisée rapidement et le taux de mortalité bien moindre. En Sierra Leone et au Libéria, les centres de santé, déjà minés par la pauvreté, sont complètement dépassés. Depuis l’arrivée de patients contaminés par Ebola, ils ne peuvent plus accueillir d’autres malades, comme ceux qui souffrent de malaria, ou les femmes enceintes nécessitant des soins.

L’épidémie y a également eu un impact sur l’agriculture : les restrictions de mouvements et la peur de la contagion empêchent les populations de travailler dans leurs champs. De plus, les commerçants ne circulent plus que très peu dans les zones rurales. Ce qui signifie que même si les champs sont cultivés, les produits agricoles ne peuvent pas être commercialisés. A cela s’ajoute une hausse des prix des denrées alimentaires. Les terres agricoles n’ont pas été labourées à temps pour la récolte de l’année prochaine : les agriculteurs ne seront pas en mesure de nourrir leur famille au cours des prochains mois.

La réponse sur le long terme et la responsabilité des pays développés, dont la France

L’impact de l’épidémie Ebola ira au-delà du nombre de morts liées au virus. L’effondrement des systèmes de santé aura des conséquences sur la prise en charge des autres maladies et sur l’état de santé de l’ensemble de la population, sans parler des répercussions des mesures de quarantaine et d’interruption de vols sur la sécurité alimentaire et l’ensemble de l’économie.

Une étude de la Banque mondiale estime que les dégâts économiques pourraient s’élever à 32,6 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2015 si l’épidémie devait s’étendre aux pays voisins, notamment les plus grandes économies de la région. 

Au-delà de la réponse immédiate à la crise, un soutien de long terme devra être apporté, notamment pour renforcer les systèmes de santé de ces Etats fragiles, en reconstruction après des années de guerre et de dictature.

Cela nous rappelle la nécessité d’investir dans les systèmes de santé et le rôle de l’aide au développement dans les pays les plus pauvres. Pourtant, selon nos informations, la part de l’aide française affectée aux enjeux sanitaires devrait être particulièrement touchée par les récentes coupes dans l’aide publique au développement française.

Nous restons donc également très attentifs à la réponse apportée par la France face à cette crise sans précédent.