Du porte à porte pour stopper Ebola

Agnes Nyantie, volontaire de santé communautaire, rencontre chaque jour une vingtaine de familles à Monrovia pour les informer sur le virus Ebola. Photo : Pablo Tosco / Oxfam
La mobilisation essentielle des volontaires de santé communautaire d’Oxfam
07/11/2014

En Afrique de l’Ouest, le virus Ebola a déjà touché près de 13 000 personnes et fait plus de 4 900 victimes. Le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée sont particulièrement affectés. Des cas isolés ont été recensés dans d’autres pays.

Pour stopper la propagation de l’épidémie, informer les communautés touchées est essentiel.  En Sierra Leone et au Liberia, des centaines de volontaires locaux nous aident donc à diffuser des messages sur le mode de transmission du virus et l’importance d’une prise en charge rapide des malades. Plus de 400 000 personnes ont jusqu’ici pu recevoir des informations vitales grâce aux actions de sensibilisation d’Oxfam.

Agnes Nyantie, volontaire en première ligne dans la prévention

Agnes Nyantie est une de ces volontaires communautaires qui sont la première ligne de défense dans la lutte contre le virus Ebola. Cette femme de 42 ans, mère de cinq enfants, rend visite presque chaque jour à une vingtaine de foyers à West Point, un des quartiers les plus pauvres et insalubres de Monrovia, au Liberia.

Le spectre d’Ebola a déchiré West Point il y a quelques semaines, à tel point que le gouvernement avait bouclé le quartier, mettant ainsi en quarantaine près de 80 000 personnes. La période de quarantaine devait durer 21 jours et a suscité des réactions de colère des habitants. Aucun produit ne pouvant sortir ou n’entrer, ils ont rapidement manqué de nourriture alors que les prix explosaient. Après dix jours de bras de fer et des affrontements avec les forces de l’ordre ayant fait trois blessés parmi les manifestants, le gouvernement a finalement cédé et levé la quarantaine. 

Expliquer aux familles de West Point ce qu’est cette maladie mortelle est loin d’être facile. Comme c’est la première fois qu’elle apparaît en Afrique de l’Ouest, elle génère beaucoup de peur, de déni et de stigmatisation."Les gens disent qu’ils ne peuvent pas la voir. Ils ne savent pas comment Ebola est arrivé. Comment la maladie peut les toucher”, indique Agnes.

Se laver les mains régulièrement est essentiel. A l’extérieur de presque chaque échoppe du marché sont placés des seaux avec des robinets pour que les gens puissent se laver les mains avant d’entrer. Dans le bidonville surpeuplé de West Point, où les flaques d’eau stagnante se sont élargies après les pluies récentes, des seaux pour se laver les mains sont aussi à disposition. Les gens les utilisent régulièrement et Agnès s’assure de bien le leur rappeler lors de ses tournées quotidiennes.

Multiplier les méthodes d’information pour informer le plus grand nombre

En Sierra Leone, au Libéria et en Guinée, la majeure partie de la population ne sait ni lire ni écrire et n’a pas accès à Internet. Les meilleurs moyens d’information sont donc le bouche-à-oreille, la parole des responsables communautaires et religieux, la radio ou encore les panneaux d’affichage public.

Dans le cadre de son travail de prévention, nous avons par exemple aidé des stations de radio locales à produire des messages, des annonces et des émissions informant la population sur Ebola et les moyens d’en prévenir la transmission.

Au-delà de ce travail essentiel d’information, nous agissons en :

  • assurant des services d’assainissement et d’approvisionnement en eau et en fournissant des vêtements de protection à des établissements de santé ;
  • fournissant et réparant les systèmes de distribution d’eau, d’assainissement et de gestion des déchets solides pour des établissements de santé et des services de santé publique ;
  • fournissant des équipements et vêtements de protection aux équipes qui assurent le suivi des cas présumés, afin qu’elles puissent amener les personnes infectées à un centre de traitement en toute sécurité ;
  • fournissant des équipements et un appui aux équipes prenant en charge les dépouilles mortelles ;
  • fournissant des kits d’hygiène ;
  • installant des stations de lavage des mains.

Oxfam appelle également les pays du G20, qui se réunissent la semaine prochaine, à augmenter les effectifs médicaux et militaires sur le terrain et à assurer la mise à disposition rapide des financements promis, afin de lutter plus efficacement contre la propagation de la maladie.

Nous avons également lancé un appel à dons afin de renforcer les efforts de prévention et endiguer ainsi l’épidémie : vous pouvez nous aider !