En République démocratique du Congo, le combat pour la vie de Thérèse

13/04/2018

En République Démocratique du Congo (RDC), à cause, notamment, des violents conflits qui sévissent et de la pauvreté chronique, environ 13 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente, soit 5,6 millions de plus qu’en 2017. En 2017, seul 1,7 million sur les 4,6 millions de personnes ayant besoin d’un accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires ont pu en bénéficier. Parmi les 4,1 millions de personnes souffrant de la malnutrition, seules 521 600 personnes ont été prises en charge. Thérèse, dont la vie a été bouleversée par les violences, nous raconte son combat.

De la guerre à la faim, la situation critique de Kalemie

A Kalemie, province du sud-est de la République Démocratique du Congo (RDC), des violences extrêmes ont éclatées entre les ethnies Twa et Bantu. Les affrontements armés ont forcé plus de 654 000 personnes à fuir leur foyer et le contexte encore instable empêche un retour à la normale. Aujourd’hui, ces milliers de déplacés – et les communautés qui les accueillent - font face à une pénurie alimentaire qui ne cesse d’empirer.

Parmi eux, Thérèse, arrivée dans le camp de Kalunga en 2016. Quand son village a été attaqué, elle a perdu un de ses enfants et son mari. Elle les a recherchés pendant trois mois, sans succès, jusqu’à ce qu’on lui annonce que leurs corps avaient été retrouvés. Elle a fui le conflit avec ses neuf autres enfants, âgés de 7 à 17 ans. Elle raconte :

« On est partis comme ça. On n’a pas eu le temps d’emporter quoi que ce soit. Il fallait prendre les enfants et courir. L’une de mes filles est paralysée donc j’ai dû la porter tout le long du trajet. On a marché pendant deux jours avant d’arriver. J’avais tellement de choses qui me traversaient l’esprit. Parfois, j’aimerais être morte à la place de mon mari, parce que ce fardeau est trop lourd à porter. Dans ma vie, j’ai déjà vécu la guerre. Mais je n’ai jamais été forcée à quitter ma maison et à vivre dans un camp. Jamais je n’ai vu de conflit comme celui-ci. Jamais je n’aurais pensé me retrouver ici. »

Thérèse, chargée de promotion de l'hygiène avec Oxfam, Kalunga, RDC

L’action d’Oxfam sur place, main dans la main avec celles et ceux qui fuient la violence

Oxfam se mobilise dans la région pour aider les déplacés à reconstruire leur vie bouleversée par la violence. Dans le camp de Kalunga et ailleurs, Oxfam offre une aide urgente et met en place les installations sanitaires nécessaires pour que chacun.e puisse avoir accès à l’eau potable et à des toilettes et douches fonctionnelles. Un effort humanitaire dont Thérèse, parmi 60 000 autres personnes, a pu bénéficier.

« On est arrivés dans le camp en Novembre et on a été bien reçus. On nous a donné à manger les deux premiers mois et un peu d’argent pour nous aider à acheter d’autres choses en magasin. Mais comment peut-on élever neuf enfants dans ces conditions ?

Mon but était d’économiser assez pour construire une maison où ma famille pourrait avoir une vie confortable et ordinaire. Mais je ne peux plus imaginer quoi que ce soit au-delà d’aujourd’hui. Comment puis-je penser à la bonne éducation de mes enfants alors que je ne sais pas d’où viendra leur prochain repas ? »

Dans le cadre des programmes lancés sur place en réponse à cette situation de détresse, Oxfam travaille avec des volontaires locaux pour promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène et prévenir de potentielles épidémies.

C’est ainsi que, comme 61 autres femmes du camp, Thérèse a été formée par Oxfam pour devenir chargée de la promotion de l’hygiène auprès des populations du camp. Elle travaille chaque jour au nettoyage des installations sanitaires et distribue quotidiennement aux familles des pastilles purificatrices d’eau. Aux côtés d’Oxfam, Thérèse subvient aux besoins de sa famille tout en prenant soin de sa nouvelle communauté. Et elle relève tous les jours le défi de faire face au lendemain avec dignité.

Thérèse, chargée de la promotion de l'hygiène avec Oxfam, dans le camp de Kalunga en RDC