L’égalité entre les femmes et les hommes : un moyen de réduire la pauvreté

08/03/2017

En cette journée mondiale pour les droits des femmes, Oxfam France rappelle que les femmes sont les plus affectées par la pauvreté, mais qu'elles sont également à la pointe du combat pour l'égalité.

Oxfam estime que la discrimination systématique à l’égard des femmes et des filles est à la fois une cause et le résultat des inégalités qui engendrent la pauvreté. D’autres facteurs, tels que la classe sociale, l’origine ethnique et l’âge, ainsi que les convictions religieuses et d’autres formes d’intégrismes, peuvent en outre l’exacerber.

Bien qu’il soit largement admis que la justice sociale doit passer par la réalisation des droits des femmes et malgré les progrès accomplis au cours des dernières décennies pour garantir ceux-ci, les femmes continuent de subir des violations de leurs droits. De même, le niveau atteint par les inégalités dans le monde a un impact considérable sur leur vie.

La pauvreté touche plus particulièrement les femmes. Compte tenu de leur condition inférieure dans la société, elles ont moins de pouvoir, moins de moyens financiers et moins d’accès à la terre, ainsi qu’à l’éducation, à la santé et aux espaces politiques, tout en étant plus exposées aux violences.

Selon des données récentes :

  • Dans le monde, les femmes gagnent des salaires inférieurs de 23 % en moyenne par rapport à ceux des hommes et jusqu’à 75 % de leurs emplois sont informels ou non protégés dans les pays en développement.
  • Au rythme actuel, il faudra 170 ans pour parvenir à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, qu'il s'agisse du taux d'emploi, de la rémunération à travail égal ou de l’accès à des postes à responsabilités.
  • 155 pays ont au moins une loi restreignant les droits économiques des femmes. Dans 18 de ces pays, les hommes ont le droit d’interdire à leur femme de travailler. Dans 100 pays, la loi dispose que les femmes n’ont pas le droit d’occuper les mêmes emplois que les hommes.
  • En juin 2016, 22 % des parlementaires nationaux étaient des femmes, ce qui témoigne d’une lente augmentation par rapport aux 11,3 % de 1995.
  • Une femme sur trois dans le monde a été victime, à un moment donné de sa vie, de violences physiques et/ou sexuelles, généralement de la part d’un partenaire intime. 46 pays ne disposent pas de loi contre la violence domestique.

Pour Oxfam, la justice entre les femmes et les hommes recouvre l’égalité et l’équité complètes entre les sexes dans toutes les sphères de la vie, de sorte que les femmes puissent, conjointement et sur un pied d’égalité avec les hommes, définir et élaborer les politiques, les structures et les décisions qui touchent à leur vie et concernent l’ensemble de la société.

Il est donc nécessaire non seulement de continuer à améliorer les législations et les politiques, mais aussi de transformer les sociétés par de vastes changements, profonds et durables, dans les mentalités en ce qui concerne les rapports de force entre les femmes et les hommes.

Notre plan stratégique (2013-2019) envisage que, d’ici à 2019, davantage de femmes pauvres et marginalisées :

  • occuperont des fonctions de pouvoir et d’influence au sein des communautés et des organisations ;
  • bénéficieront, individuellement et collectivement, d’un accès plus large à la propriété et la jouissance de ressources de production ;
  • tireront parti de l’évolution salutaire des mentalités et du renforcement des normes, législations et réglementations qui protègent les droits des femmes, notamment le droit de se faire entendre et celui de vivre sans violence ;
  • bénéficieront d’un meilleur accès aux services essentiels, notamment ceux liés aux violences basées sur le genre et aux droits reproductifs et sexuels, de façon à favoriser l’autonomisation des femmes.
  • Il avance enfin que davantage de femmes et d’hommes, d’organisations de la société civile et du secteur privé et de gouvernements s’emploieront à promouvoir activement le leadership et les droits des femmes et à éradiquer les violences faites aux femmes.

Oxfam aspire à un monde sûr et juste, dans lequel les femmes et les filles prennent leur destin en main et vivent à l’abri de la violence. Oxfam estime que la pauvreté et l’impuissance ne sont pas une fatalité et peuvent être éliminées grâce à l’action de citoyennes et citoyens engagés et d’institutions responsables. Lorsque les femmes et les filles peuvent faire leurs propres choix et exercer leur droit collectif d’expression et que les institutions tiennent compte de leurs besoins et leurs intérêts, la justice entre les femmes et les hommes devient possible.

C’est pourquoi il est important de soutenir les femmes dans l’élaboration de leurs propres visions et stratégies de changement et dans la mise en place des organisations et mouvements nécessaires pour démontrer que la réalisation des droits des femmes constitue l’un des fondements de tous les objectifs de développement.