Népal : 2 ans après le violent séisme de 2015

Rita Dulal a 26 ans, elle est mère de 3 enfants et a été formée à des techniques de construction résistantes
Rita Dulal a 26 ans, elle est mère de 3 enfants et a été formée à des techniques de construction résistantes
25/04/2017

Il y a deux ans, le 25 avril 2015, un tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l'échelle de Richter a frappé le Népal ; deux semaines après, une réplique de la même puissance a touché le pays, amplifiant les dégâts. Au moins 8 969 personnes ont perdu la vie, 22 300 ont été blessées et près de huit millions de personnes ont été affectées par cette catastrophe, soit près du tiers de la population du Népal.

Oxfam a apporté une aide d’urgence rapide à plus de 534 092 personnes.

Deux ans après, l’heure est au bilan et à la poursuite de la reconstruction aux côtés de la population népalaise.

Le bilan de l’action menée

Oxfam est présente depuis 31 ans au Népal. Lorsque le séisme a frappé le pays en 2015, notre équipe – 64 personnes du pays et une personne expatriée – s’est mobilisée et nous avons pu fournir une aide d'urgence en 24 heures.

Pour répondre aux besoins urgents de la population suite à la catastrophe, nous avons quadruplé la taille de l’équipe sur place. Dans un premier temps, nous avons paré au plus urgent : solutions temporaires d’hébergement, distribution de couvertures, bons alimentaires, kits d’hygiène et latrines provisoires, etc.

Dans les mois qui ont suivi, les équipes sur le terrain ont continué ces actions. Par exemple :

  • Autour de l’eau et des toilettes pour éviter la propagation des maladies : réhabilitation des systèmes d’eau potable endommagés, construction de toilettes, formation aux pratiques d’hygiène
  • En vue d’une alimentation durable : formation et dons pour les paysans, avec notamment des méthodes pour faire face aux conséquences du changement climatique
  • Afin de fournir des abris : apport de matériel pour réaliser des constructions plus solides, formation de la population locale à des méthodes de construction résistante aux séismes, etc.

En janvier 2017, nous avons fait un sondage auprès des personnes ayant bénéficié de nos actions pour évaluer l’impact de notre travail et pouvoir rendre compte à nos donatrices et nos donateurs. Voici quelques éléments issus de ce rapport :

  • 534 092 personnes ont bénéficié de nos actions sur 7 districts
  • Abris : 322 130 personnes
  • Eau et assainissement : 425 829 personnes
  • Alimentation et sécurité alimentaire : 275 451 personnes
  • Initiatives « genre » (protection et soutien des femmes les plus vulnérables) : 28 134 personnes

Sur les grands types d’actions menées, nous avons des sous-objectifs spécifiques, évalués un à un, avec des actions correctrices quand c’est nécessaire.

Oxfam a appuyé les communautés au Village de Hagam, dans le district de Sindhupalchowk en fournissant des matériaux pour construire des latrines domestiques. Crédit photo : Marie Pascale Neupane  Janahit Gramin Sewa SamitiOxfam a appuyé les communautés au Village de Hagam, dans le district de Sindhupalchowk en fournissant des matériaux pour construire des latrines domestiques. Crédit photo : Marie Pascale Neupane Janahit Gramin Sewa Samiti

Construire le futur

Au-delà de la réponse d’urgence immédiate, nous menons des actions pour que la population soit en capacité de faire face aux chocs à venir, qu'il n'est pas toujours possible d'éviter. Nous profitons également des actions menées suite aux urgences humanitaires pour trouver des solutions durables. Ainsi, nous avons mené des formations de maçons pour bâtir des constructions plus résistantes. En effet, la population manque de compétences sur ce sujet, notamment les femmes, comme Rita (photo), que nous avons particulièrement soutenues.

Des communautés ont également été formées afin de pouvoir apporter des réponses d’urgence en cas de nouveau séisme.

Par ailleurs, nous continuons notre travail de fond : si certaines catastrophes naturelles sont inévitables, l’ampleur des dégâts est bien souvent le fruit de la pauvreté et des inégalités. Mettre fin à la pauvreté est ainsi une façon efficace de sauver des vies demain, en faisant pression sur les responsables politiques pour de véritables engagements pour plus de soutien au développement – que ce soit dans leur propre pays, sans discriminer une partie de leur population et dans les pays les plus pauvres à travers une aide efficace dans la durée.

Les femmes de Lamatar placent alignent les barres d'acier des piliers afin de renforcer la structure. Photo de: Sudin Pradhan / Oxfam
Les femmes de Lamatar placent et alignent les barres d'acier des piliers afin de renforcer la structure. Photo de: Sudin Pradhan / Oxfam