Syrie : 6 ans de conflit

Syrie_ 6ans
10/03/2017

Il y a 6 ans – le 15 mars 2011 – le peuple syrien est descendu dans la rue, pour manifester notamment contre le régime en place. Cette manifestation a débouché sur une guerre civile violente qui n’en finit pas.  D'après l'ONU, plus de 300 000 personnes ont trouvé la mort depuis le début du conflit. 

La situation dans le pays se dégrade continuellement :13,5 millions de personnes, soit la moitié de la population d’avant-guerre, a besoin d’une aide d’urgence pour se nourrir, se soigner, boire de l’eau potable ou s’abriter. Parmi elles, plus de 6,3 millions de personnes sont des déplacées internes (ayant donc dû quitter leur maison mais étant restées en Syrie).

Plus de 4,8 millions de personnes ont fui vers les pays voisins, notamment la Jordanie, le Liban et la Turquie. Les trois quarts d'entre eux sont des femmes et des enfants. L'arrivée régulière de familles déplacées par le conflit dans ces pays exerce une pression extrême sur les infrastructures et les économies locales. Au Liban, une personne sur cinq est aujourd'hui un réfugié venu de Syrie. La Turquie accueille actuellement plus de 2,7 millions de Syriens, ainsi qu'un quart de million de réfugiés d'autres nationalités, plus que n'importe quel autre pays dans le monde.

De plus, la majorité des familles syriennes hébergées dans les pays voisins vivent dans des zones urbaines, en dehors des camps formels. Cela rend plus difficile l’accès à une aide vitale. Plus de 70% des réfugiés au Liban et 87% en Jordanie vivent en dessous du seuil de pauvreté national.

Plus récemment, la campagne militaire lancée à la mi-novembre 2016 pour reprendre le contrôle d'Alep (qui vient s’ajouter au siège de la ville depuis juillet 2016), a pris 250 000 civils au piège, victimes de graves violations des droits humains. Des combats prolongés ont provoqué des destructions massives et ont entraîné le déplacement de 110 000 personnes.

En Syrie, en Jordanie et au Liban, nous aidons plus de 2 millions de personnes en leur fournissant de l’eau potable, des kits de première nécessité, des accès sanitaires et tout ce dont peuvent avoir besoin ces familles qui ont tout perdu.

Notre action au Liban et en Jordanie

En Jordanie et au Liban, nous apportons de l’eau potable aux réfugiés et nous leur fournissons du cash pour qu’ils puissent subvenir à leurs besoins de base. Nous aidons les familles à obtenir des informations sur leurs droits et nous les mettons en contact avec les services médicaux ou juridiques dont elles ont besoin.

Nous avons également construit des douches et des toilettes dans des camps de réfugiés et installé ou réparé des sanitaires dans les communautés les accueillant. Des projets d'aqueduc sont en cours d'élaboration pour le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie et dans les communautés d'accueil de la vallée de la Bekaa au Liban.

Notre action en Syrie

Fin décembre, environ 600 000 personnes étaient toujours privées d'accès régulier à l’eau potable à Alep, et des milliers de personnes à Damas et dans les environs étaient menacées par une pénurie d’eau potable.

Nous travaillons à la réhabilitation des infrastructures donnant accès à l’eau potable dans le pays, y compris la réparation des puits et la fourniture de sources d'énergie de remplacement pour faire fonctionner les stations de pompage d'eau car les coupures d’électricité sont régulières. Nous prévoyons de fournir de l'eau potable à 1,5 million de personnes.

Nous distribuons également des kits d'hygiène, des bouteilles d'eau, des couvertures et des tapis de sol, et des latrines et des réservoirs d'eau installés.

Nos autres actions pour trouver une fin politique au conflit

Fournir un soutien vital aux millions de personnes touchées par ce conflit dévastateur est essentiel, mais ce n'est pas suffisant. Nous menons un travail de pression au niveau international en vue de la fin des combats et d’une solution politique durable et inclusive au conflit.

Nous continuerons d'appeler toutes les parties au conflit à cesser tout transfert d'armes et à garantir l'accès humanitaire et la protection des civils, à l'intérieur de la Syrie ou dans les pays voisins.

Nous appelons également les États riches à s'engager à financer la réponse à la crise en Syrie et à accueillir au moins 10% des réfugiés syriens.