8 propositions pour le G8 d’Evian

23/05/2003

Le G8 est illégitime pour gouverner le monde. Néanmoins, les pays qui le composent sont les plus puissants de la planète et ont des responsabilités particulières. Les récentes campagnes citoyennes lancées par Agir ici ont pointé ces responsabilités et émis des revendications.

Commerce

Les pays du G8 sont les véritables maîtres du jeu lors des négociations commerciales qui se déroulent dans le cadre de l'OMC. Les pays pauvres qui subissent des pressions pour s'engager toujours plus avant dans de nouvelles négociations en sont les grands perdants. Celles relatives à la libéralisation des services (Accord général sur le commerce des services - AGCS) illustrent parfaitement cette réalité.

Les pays du G8 doivent se prononcer en faveur d'un moratoire des négociations autour de l'AGCS tant qu'une évaluation, indépendante et pluraliste, de l'impact des politiques de libéralisation des services n'aura pas été menée.

Les pays du G8 doivent défendre publiquement l'exclusion des services fondamentaux de l'AGCS.

Les pays du G8 sont appelés à refuser le lancement de négociations sur l'investissement à Cancun qui contribueraient, en privilégiant le droits des investisseurs, à réduire la capacité des gouvernements à décider de mesures politiques favorables au développement..

Responsabilité sociale et environnementale des entreprises

Les pays du G8 sont aussi ceux où se trouvent les sièges sociaux des principales multinationales de la planète. Ces entreprises sont devenues plus puissantes que de nombreux Etats. Pourtant, elles ne sont pas comptables de leurs actes et des dommages causés par leurs activités sur les droits humains et l'environnement.

Les pays du G8 doivent engager des négociations pour la mise en place d'un instrument international juridiquement contraignant réglementant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Dette

Les pays du G8 sont les principaux créanciers des pays les plus pauvres de la planète. Ces pays continuent à rembourser chaque année près de 400 milliards de dollars aux pays les plus riches.

Les pays du G8 doivent s'engager à annuler la dette des pays pauvres et à mettre en place un mécanisme juste et transparent de gestion des situations de surendettement.

Institutions financières internationales

Les pays du G8 sont les actionnaires majoritaires du FMI et de la Banque mondiale, cumulant plus de 50% des droits de vote au sein des Conseils d'administration. Ils ont ainsi les moyens d'orienter les politiques des pays pauvres qui ne sont pas équitablement représentés au sein de ces institutions.

Les pays du G8 doivent poser la question de la gouvernance de ces institutions et rééquilibrer, en faveur des pays pauvres, le système de représentation au sein des instances dirigeantes.

Afrique

Les pays du G8 représentent à eux seuls 80 % des richesses mondiales (PIB). L'Afrique et ses 782 millions d'habitants : 2 %. Abandonné à une marginalisation constante, le continent africain est la victime la plus criante d'un système économique fondamentalement injuste : il ne représente aujourd'hui qu'à peine 1% du commerce international.

Le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), présenté comme la panacée par les pays du G8, ne pourra offrir un cadre pour le développement du continent qu'à condition que les populations concernées soient pleinement associées à la définition, la mise en œuvre et le contrôle des politiques de développement.

Transferts d'armes

Les pays du G8 réalisent à eux seuls 90 % des exportations d'armes dans le monde. Ces armes attisent des conflits meurtriers partout sur la planète, dont les premières victimes sont les populations civiles.

Les pays du G8 doivent mettre un terme aux transferts d'armes les plus scandaleux et s'engager à négocier une convention internationale pour le contrôle des transferts d'armes.

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