Budget 2017 : La taxe sur les transactions financières au secours de l’aide au développement

Action Santé Mondiale – ONE – Oxfam France
18/10/2016

A la veille de l’examen du budget 2017 à l’Assemblée nationale, les ONG Action Santé Mondiale, ONE et Oxfam France se sont réunies lors d’une conférence de presse commune avec plusieurs députés de plusieurs bords politiques – Pascal Cherki (PS), Bertrand Pancher (UDI), Monique Rabin (PS), Nicolas Sansu (PC), Eva Sas (EELV), Jean-Marie Tétart (LR). Ils appellent à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières ambitieuse et solidaire, pour sauver le budget de l’aide au développement, qui aura été disproportionnellement coupé au cours du quinquennat de François Hollande.

Une mission Aide publique au développement (APD) en perdition

La mission Aide publique au développement a souffert au cours de ce mandat présidentiel. Elle a été coupée de près de 700 millions d’euros, soit 20%.
Une des marges de manœuvre pour les députés est la taxe sur les transactions financières qui a permis de dégager des ressources additionnelles pour cette aide de la France aux pays les plus pauvres.
Cependant en cette fin de quinquennat, force est de constater que la France est encore loin de tenir ses engagements internationaux en la matière.
Ce budget est la dernière occasion de la mandature de sauver la mise et de donner à la France les moyens de faire face aux enjeux mondiaux, comme la pauvreté et les changements climatiques.

Une mobilisation qui rassemble tous les bords politiques

Pour doter l’aide de la France aux pays en développement de financements crédibles et en accord avec les promesses du Président de la République, Action Santé Mondiale, ONE et Oxfam France appellent à augmenter les recettes de la taxe sur les transactions financières, en élargissant son assiette aux transactions intrajournalières et son taux de 0,2% à 0,5%, et les allouer au budget d’APD.

« Aujourd’hui, 900 millions de personnes vivent encore avec moins de 1,9 $ par jour et plus de 400 millions de personnes n’ont pas accès aux services de santé les plus essentiels, alors qu’il existe des solutions simples, efficaces, indolores pour les finances publiques pour que la France augmente son aide au développement : par exemple taxer les transactions financières avec un taux à 0,5%, au lieu du 0,2% actuel – les anglais l’ont fait, pourquoi pas nous ? »questionne Bruno Rivalan, Directeur France d’Action Santé Mondiale.

« Il s’agit du dernier budget du quinquennat de François Hollande, et donc de la dernière chance pour sauver l’aide publique au développement, qui aura particulièrement souffert au cours de ce mandat. A ce stade, la mobilisation des députés est indispensable pour restaurer la crédibilité de la France sur la scène internationale »déclare Annabel Hervieu, directrice adjointe France de ONE.

« Augmenter les financements pour la solidarité internationale sans grever d’autres budgets est possible, en élargissant dès cette année la taxe sur les transactions financières aux opérations les plus spéculatives, comme cela avait déjà été voté l’année dernière de façon transpartisane et avec l’accord du gouvernement. Cela permettrait de dégager de 2 à 4 milliards de recettes supplémentaires pour la solidarité internationale et la lutte contre le changement climatique»explique Sandra Lhote-Fernandes d’Oxfam France.

Contacts

Action Santé mondiale : Claire Baudot – 07 81 31 03 66 – cbaudot@ghadvocates.org

ONE :  Annabel Hervieu – 06 31 22 89 68 – annabel.hervieu@one.org / Julia Chenu – 06 86 52 47 75

Oxfam France : Sarah Roussel – 06 51 15 54 38 – sroussel@oxfamfrance.org

Notes aux rédactions