Dans une année marquée par des catastrophes climatiques multiples, la COP23 fait l’impasse sur le soutien aux plus vulnérables

17/11/2017

Malgré une année marquée par des ouragans à la violence record et des inondations catastrophiques, la Conférence internationale sur le climat (COP23) qui touche à sa fin n’a fait que peu de progrès pour venir en aide aux populations touchées par le changement climatique.

La principale déception concerne les efforts déployés, avec succès, par les pays développés pour bloquer toute négociation sur le financement des « pertes et dommages », à l’exception d’un unique atelier en 2018.

« Des ouragans ont ravagé les Caraïbes, des tempêtes et des inondations ont détruit des milliers d’habitations et d’écoles en Asie du Sud et la sécheresse a affecté des millions de personnes en Afrique de l’Est. Nous ne parlons pas d’un futur distant mais bien d’une réalité immédiate ; des communautés se battent déjà pour leur survie, face à des catastrophes de plus en plus intenses. La COP23 devait aboutir à des avancées concrètes pour aider ces populations vulnérables, pas à une énième litanie de discours creux », déclare Armelle Le Comte, Responsable du plaidoyer climat à Oxfam France.

Première COP présidée par une petite nation insulaire, la « COP du Pacifique » a suscité beaucoup d’espoirs, et devait permettre d’obtenir des avancées sur le financement des pertes et dommages.

« A de rares exceptions près, les pays riches sont venus les mains vides à Bonn », déplore Armelle Le Comte. Ils se sont timidement engagés à faire part des progrès accomplis concernant leur promesse de 100 milliards de dollars en 2018. Le sommet international sur le climat, organisé à Paris le 12 décembre à l’initiative d’Emmanuel Macron, offrira une séance de rattrapage aux pays riches pour dévoiler de nouveaux engagements financiers. A commencer par la France »

En effet, selon Oxfam ce sommet doit être l’occasion pour Emmanuel Macron de rectifier le tir en annonçant des mesures concrètes pour les plus pauvres : d’une part, le doublement des financements de la France pour l’adaptation afin d’atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022 et d’autre part, l’adoption de la taxe sur les transactions financières en Europe, qui permettrait de dégager annuellement 22 milliards d’euros, dont une partie devrait être allouée à solidarité internationale et au climat.

La COP a aussi lancé le « Dialogue de Talanoa » de l'année prochaine. Deux ans après l’adoption de l’Accord de Paris, il s’agira de la première opportunité pour les pays d’augmenter leurs objectifs de réduction d'émissions. Sans réductions drastiques, la planète est pour l’instant sur une trajectoire de réchauffement de 3°C aux conséquences catastrophiques.

« Un processus a été créé mais le succès ne sera au rendez-vous que si les gouvernements viennent à la table des négociations l'année prochaine dans un véritable état d’esprit « talanoa », qui implique respect, honnêteté et bonne foi. Ils devront venir présenter des mesures concrètes de réduction de leurs émissions. Sans retard ni excuse, prévient Armelle Le Comte.

Des lueurs d'espoir sont apparues à Bonn. Les négociateurs ont brisé une impasse de cinq ans sur l'agriculture, ouvrant la voie à une action réelle sur un sujet majeur pour la sécurité alimentaire à un moment où la faim est à nouveau en hausse dans le monde [1]. Attendues depuis longtemps, des mesures ont été prises pour reconnaître formellement le rôle des femmes et des populations autochtones dans la lutte contre le changement climatique et mieux les inclure dans les négociations.

« Ce sont des réussites tangibles dont la présidence fidjienne et la société civile, qui s’est mobilisée, peuvent être fiers.»

Enfin, la COP23 a donné la mesure de l’isolement total des Etats-Unis sur la scène internationale alors que la décision de l'administration Trump de se retirer de l'Accord de Paris est décriée par quasiment tout le monde.

« Grâce aux actions de citoyens mobilisés, de gouverneurs et de chefs d'entreprises, nous avons vu le vrai visage de l'activisme climatique américain ici à Bonn. Le monde avance, laissant Donald Trump tout seul, assis sur son trône de charbon »  conclut Armelle Le Comte.

Contacts

Laurent Ciarabelli - +33 6 51 15 54 38

lciarabelli@oxfamfrance.org – Twitter : CrbLaurent

Armelle Le Comte est présente à la COP23 et disponible pour des interviews : +33 6 85 13 89 58

Notes aux rédactions

[1] Lien vers CPsur rapport de la FAO (augmentation de la faim)