Services Publics - Non Privés Une clé pour faire reculer l’extrême pauvreté dans le monde

01/09/2006

Des salles de classe avec des enseignants, des cliniques avec des infirmières, de l'eau courante et des toilettes qui fonctionnent : selon un nouveau rapport d'Oxfam International et WaterAid, ces services publics élémentaires constituent la pierre angulaire de toute politique efficace de lutte contre la pauvreté.

Pour les deux organisations, seul l'Etat est aujourd'hui en mesure de garantir un accès universel et équitable à de tels services et permettre ainsi d'améliorer la vie de millions d'individus vivant dans la pauvreté.

Le rapport « Dans l'intérêt du public » appelle notamment les gouvernements des pays en développement à consacrer une part plus importante de leurs budgets au renforcement de ces services publics essentiels. Il invite par ailleurs les pays riches à soutenir cet effort via une aide plus conséquente et disponible sur le long terme.

« L'amélioration de la situation dans les pays pauvres passe inévitablement par la mise sur pied de services publics de qualité » estime Nicolas Guihard, chargé de campagne à Agir ici – membre observateur d’Oxfam International. « Quel meilleur investissement pour une société que d'investir dans la construction de réseaux nationaux d'adduction d'eau et d'assainissement ou encore dans la formation et la rémunération de ses enseignants, infirmières et médecins ? ».

Le rapport dénonce également le comportement des pays développés ainsi que de la Banque mondiale qui, en favorisant l'implication du secteur privé dans la fourniture des services de santé et d'accès à l'eau, diminuent les capacités des gouvernements nationaux à développer des services publics efficaces. Si le rapport reconnaît que le secteur privé, notamment à travers les organisations de la société civile, peut apporter une contribution importante, il ne dispose pas en revanche des capacités pour fournir un accès universel à des services adaptés aux besoins de tous les citoyens, en particulier les femmes et les filles, les minorités et les plus défavorisés.

Le rapport considère que l'accès universel aux services publics a constitué la fondation sur laquelle s'est développée la prospérité actuelle des pays riches.

« Il y a cent ans, l'espérance de vie en Europe n'était pas si éloignée de celle que l'on constate aujourd'hui en Afrique » a indiqué Françoise Vanni, directrice d’Agir ici - membre observateur d’Oxfam International. « C'est uniquement grâce à l'intervention de l'Etat que nous avons pu mieux nous organiser contre la propagation des maladies ou encore développer une main d’œuvre mieux éduquée et plus qualifiée qui est à l'origine du niveau de richesse dont nous bénéficions aujourd'hui ».

Tout en reconnaissant que les systèmes publics sont inefficaces dans de nombreux pays, Oxfam International tient également à nuancer ce constat en soulignant l'existence de vrais réussites publiques. Le Sri Lanka, la Malaisie, le Botswana ou encore l'Etat de Kerala en Inde ont fait, en l'espace d'une génération, des progrès en termes de santé et d'éducation que les pays industrialisés ont mis plus d'un siècle à réaliser. Bien que plus d'un tiers de la population au Sri Lanka vit actuellement en-dessous du seuil de pauvreté, l'Etat fournit à tous les citoyens un accès gratuit à la santé et l'éducation. Ce pays a un des taux les plus faibles au monde de décès pendant l'accouchement.

« Plus d’un milliard de personnes vivent sans accès à une eau saine et 2,6 milliards n’ont accès à aucun sanitaire » explique Belinda Calaguas, responsable du plaidoyer pour WaterAid. « WaterAid appelle le gouvernement français à se remémorer ses premiers engagements en matière d’eau et d’assainissement lors du G8 d’Evian en 2003. Si l’ensemble des gouvernements du monde ne confirment pas leurs engagements, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relatifs à l’accès à l’eau et à l’assainissement ne seront pas atteints avant 2026. Pendant ce temps, 10 millions d’enfants seront morts de n’avoir pas eu accès à une eau propre et à des structures sanitaires adaptées. »

Chaque jour dans le monde, 4 000 enfants meurent de diarrhée, 1 400 femmes décèdent pendant leur grossesse ou leur accouchement et 100 millions d’enfants en âge d’aller à l’école, des filles pour la plupart, ne sont pas scolarisés. Pourtant les pays riches continuent de dépenser en nourritures pour animaux (40 milliards de dollars) pratiquement l’équivalent des 47 milliards de dollars par an nécessaires pour atteindre les OMD relatifs à la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement.

« En l’espace d’une génération et pour la première fois dans l’histoire, tous les enfants du monde pourraient enfin avoir accès à l’école. Chaque femme pourrait accoucher avec les meilleures chances possibles pour elle et son bébé de survivre. Tout le monde pourrait boire de l’eau sans risque pour sa santé. Des millions de nouveaux personnels soignants et enseignants pourraient sauver des vies et former des esprits. C’est aux gouvernements qu’il revient maintenant de prendre les mesures à la hauteur de cet enjeu » déclare Nicolas Guihard pour Oxfam International.

élécharger le résumé du rapport « Dans l’intérêt du public » en français
Le rapport complet n’existe qu’en anglais pour le moment.

Contacts

Contacts presse :

aetitia Guid, tél. 01 56 98 24 46 (ligne directe)

Notes aux rédactions

Mots clés: 
santé