Changement climatique

Pour beaucoup, le changement climatique évoque avant tout la fonte des glaciers et la disparition des ours polaires. Bien entendu, ces menaces sont réelles, mais on oublie trop souvent que les populations les plus pauvres, qui sont les moins responsables du changement climatique, sont pourtant les plus durement touchées par ses conséquences.
Inondations à Tacloban, Philippines. Eleanor Farmer/Oxfam
Pour beaucoup, le changement climatique évoque avant tout la fonte des glaciers et la disparition des ours polaires. Bien entendu, ces menaces sont réelles, mais on oublie trop souvent que les populations les plus pauvres, qui sont les moins responsables du changement climatique, sont pourtant les plus durement touchées par ses conséquences.

Accès à la nourriture, à l’eau potable, sans parler des tensions et conflits que ces difficultés engendrent… Le changement climatique a des conséquences au quotidien pour ces populations, qui ne disposent pas des moyens techniques, humains et financiers pour s’y adapter.

Le changement climatique est le pire ennemi de la lutte contre la faim. Sécheresses, inondations et autres phénomènes climatiques extrêmes ont notamment des effets dévastateurs pour les petits agriculteurs et impactent directement la sécurité alimentaire :

  • De nouvelles sécheresses, comme celle survenue aux États-Unis en 2012, pourront faire augmenter le prix du maïs de 140% par rapport au prix moyen des denrées alimentaires de 2030. Si nous ressentirons tous les effets d’une flambée des prix alimentaires, les populations les plus démunies - qui doivent parfois consacrer jusqu’à 75% de leurs revenus à l’alimentation - seront, elles, touchées de plein fouet.
  • Selon certaines analyses, le nombre de personnes risquant de souffrir de la faim augmentera de 10% à 20% d’ici 2050 en raison du changement climatique.
  • Le changement climatique pourrait porter le nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition à 25 millions en 2050, ce qui correspond au nombre d’enfants de moins de cinq ans que comptent les États-Unis et le Canada réunis.

La double responsabilité des pays riches

Les pays riches, pollueurs historiques et principaux émetteurs de gaz à effet serre, portent une double responsabilité :

1.     Celle de cesser de nuire pour arriver à limiter le réchauffement de la planète à 2°C, plafond fixé par les experts scientifiques. Pour cela les pays riches doivent réduire dès maintenant et drastiquement leurs émissions de CO2. Cause première du changement climatique, les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole…) sont responsables de 80% des émissions de CO2. Pourtant, des sommes colossales continuent d’être allégrement investies dans le développement des énergies fossiles et notamment du charbon, dont la combustion génère à elle seule 43% des émissions mondiales de CO2. En 2012, les gouvernements ont subventionné ce secteur à hauteur de plus de 1 500 milliards d'euros et selon les dernières estimations, les subventions françaises au secteur s’élèvent elles à 3,9 milliards d’euros.

2.     Celle d’aider les pays pauvres, en finançant les coûts auxquels ceux-ci doivent déjà faire face pour s’adapter aux conséquences du changement climatique et pour limiter leurs propres émissions. Oxfam révèle que si le réchauffement de la planète devait atteindre 3 °C au lieu des 2 °C espérés, les pays en développement devraient débourser près de 800 milliards de dollars par an d’ici à 2050 pour financer l’adaptation au changement climatique.

2015 : une année climat pas comme les autres

En décembre 2015, la France accueillait la 21e Conférence onusienne sur le climat, la "COP21" (Conférence of Parties), à l’occasion de laquelle 195 pays ont signé l’accord international devant faire suite au protocole de Kyoto (en vigueur jusqu’en 2020). La signature de cet accord de Paris est une étape importante dans la lutte contre le changement climatique car c’est la première fois que tous les pays de la planète se fixent des objectifs en matière de lutte contre le changement climatique.

Tout au long de l’année et plus intensivement au cours des deux semaines de la COP, nous avons poussé pour obtenir un accord ambitieux, qui garantisse le financement de l’adaptation pour les populations les plus pauvres. 

Le texte de l’accord fixe bien l'objectif d'un réchauffement « loin en dessous des 2 degrés » mais les mécanismes concrets ne sont pas au rendez-vous et les engagements de financement bien insuffisants. Quant à l'adaptation au changement climatique, dont les effets se font déjà sentir notamment sur la sécurité alimentaire des populations vulnérables, c'est une fois de plus le parent pauvre des négociations. Cet accord est un point de départ pour demander davantage de comptes et d’efforts aux gouvernements, qui devront revenir à la table des négociations avant 2020 pour rehausser le niveau d’ambition de leurs engagements. C’est pourquoi en 2016 nous continuerons à faire pression pour que des engagements plus forts soient pris par les dirigeants politiques.

Oxfam France, au sein de la confédération internationale Oxfam, demande que tout soit mis en œuvre pour que la France :

  • Tienne les engagements pris en 2015 sur les financements climat, soit mobiliser 2 milliards d’euros d’ici 2020, auxquels s’ajoutent 400 millions en dons pour le financement de l’adaptation
  • En tant qu’actionnaire d’EDF et ENGIE, se prononce en faveur de la fermeture des centrales à charbon des deux entreprises d’ici 2020
  • Mette fin à toutes les subventions aux énergies fossiles

Oxfam appelle également la France :

  • A promouvoir auprès de ses partenaires européens une taxe sur les transactions financières ambitieuse et une réforme du système d’échange de quotas d’émissions de CO2 qui permettent de mobiliser des financements additionnels pour la lutte contre le changement climatique
  • A défendre au sein de la communauté internationale un objectif global ambitieux pour le financement de l’adaptation pour le pré-2020, dans le cadre de la COP22 qui se tiendra à Marrakech en novembre 2016.