Crise alimentaire au Sahel

2012

Cette plaine jaunie sert habituellement de pâturage aux troupeaux. Mais en octobre 2011, elle n'a rien à offrir au bétail des éléveurs comme Cheikh Tijani. Photo : Irina Fuhrmann / Oxfam

Au cours de l’année 2012, plus de 18 millions de personnes, dont près d’un million d’enfants, ont été menacées d’insécurité alimentaire dans la région du Sahel, en Afrique centrale et de l’Ouest. En cause : la faiblesse du niveau des ressources et l’absence de pluie, les mauvaises récoltes, le manque de pâturages, les prix alimentaires élevés, les conséquences sur la petite agriculture de la crise alimentaire de 2010, la chute des rentrées d’argent en provenance des populations migrantes… Le conflit dans le Nord du Mali a également contribué à aggraver à la situation.

L'action d'Oxfam

Face à cette crise majeure, Oxfam a rapidement lancé un appel à don et a renforcé ses programmes sur le terrain. L’objectif : répondre au plus vite aux besoins des populations les plus vulnérables, tout en les aidant à améliorer leurs capacités de résilience. Transferts d’argent, programmes d’approvisionnement en eau et assainissement, assistance vétérinaire etc…  La confédération Oxfam, présente dans la région depuis près de 50 ans, a pu venir en aide à environ 1,3 millions de personnes au cours de l’année 2012, entre le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie le Sénégal et la Gambie.
En parallèle, nous avons continué notre travail de plaidoyer et de campagne pour informer le public sur la situation, ses causes et ses origines mais aussi sur les réformes à mener, en particulier dans le domaine agricole, pour éviter que de telles crises ne se reproduisent.

La situation aujourd'hui

Alors que l’on estime que, globalement, l’année 2013 a été normale en termes de pluviométrie et de production agricole en Afrique de l’Ouest et au Sahel, la malnutrition y reste toujours préoccupante avec 4,5 millions d’enfants de moins de 5 ans touchés, tandis que 13 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. Mais ces données cachent des disparités entre les pays côtiers et ceux du Sahel, ces derniers enregistrant une volatilité permanente de leur production céréalière .

Les crises alimentaires sont de plus en plus fréquentes et affectent un nombre grandissant de pays et de personnes au Sahel : les centaines de milliers de ménages pauvres et très pauvres auront du mal à voir leurs besoins alimentaires satisfaits en 2014 , du fait d’une combinaison de moyens limités, d’un endettement récurrent, d’une incapacité à reconstituer complètement le capital perdu lors de la crise de 2012, et d’une fluctuation des prix.