Marchés agricoles et prix alimentaires

Photo : David Levene / Oxfam

Depuis quelques années la volatilité des prix des matières premières agricoles est très forte : une première flambée des prix en 2007/2008 a donné lieu à des émeutes de la faim dans les pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire, puis un nouveau pic à l’été 2010 qui a particulièrement concerné les céréales, les oléagineux et le sucre. En février 2011, le prix mondial du blé avait ainsi progressé de près de 70% en un an, celui du maïs de 90% et celui du soja de 45%. A l’été 2012, c’est la région du Sahel qui a été touchée de plein fouet par une crise des prix alimentaires.

Les causes de la volatilité des prix sont multiples et complexes : politiques de soutien aux agrocarburants, abandon des politiques de stockage, effets du changement climatique, spéculation excessive sur les marchés dérivés de matières premières agricoles, etc. S’il est extrêmement difficile d’évaluer avec précision l’impact de la spéculation sur les prix, on peut toutefois affirmer une chose : une spéculation excessive sur les matières premières met en danger le droit à l’alimentation de millions d’êtres humains.

Lors du sommet du G20 de 2011, la France s’est positionnée en faveur d’une plus forte régulation des marchés financiers, et en particulier des marchés de matières premières et dérivés de matières premières. Une position qui a rencontré de fortes résistances au niveau international, ralentissant les débats visant la mise en place d’une régulation plus forte et plus efficace d e ces marchés. Pourtant, les réformes en cours au niveau européen pourraient permettre des avancées notables dans les prochaines années. Grâce au travail d’Oxfam France, la France a déjà fait un premier pas important, et a renforcé sa position dans les négociations européennes en adoptant la mise en place de limites de positions sur les marchés dérivés de matières premières agricoles dans le cadre de la réforme bancaire nationale à l’été 2013.

Sur ce terrain crucial mais peu connu du grand public et dont peu d’ONG se sont emparées,

Oxfam France plaide pour :

  • Une régulation stricte des marchés de matières premières dans les enceintes européennes et internationales.
  • La mise en place de processus et d’institutions garantissant la transparence et la réduction des risques sur les marchés de denrées alimentaires.
  • Des réformes européennes ambitieuses : limites de positions, renforcement du rôle de l’ESMA (European Securities and Markets Authority), le gendarme des bourses européennes, etc.
  • La fermeture des fonds permettant aux banques françaises de spéculer sur les cours des matières premières agricoles.