Les financements mixtes pour le développement

Le Dutch Good Growth Fund a soutenu la culture des roses en Ethiopie grâce aux financements mixtes.
Le Dutch Good Growth Fund a soutenu la culture des roses en Ethiopie grâce aux financements mixtes.
10/05/2017

Depuis une dizaine d’années, de plus en plus de bailleurs et d’organisations internationales vantent les mérites des financements publics-privés pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique.

Il manque 2 500 milliards par an de dollars pour atteindre les objectifs de développement durable. Les financements publics-privés seraient-ils la solution qui permettra enfin de les atteindre ? Ce document d’information rédigé par Eurodad pour Oxfam France rappelle qu’il convient de rester prudent.

S’il est vrai que les financements mixtes peuvent potentiellement jouer un rôle de levier et inciter l’investissement privé dans les pays en développement, ils encouragent surtout les pays donateurs à n’envisager l’aide au développement que sous l’angle de leurs propres intérêts commerciaux. Eurodad souligne en effet que les pays ciblés avant tout par ces dispositifs sont les pays à revenu intermédiaire, c’est-à-dire ceux offrant un environnement propice à l’investissement. Dans la plupart des cas, les financements mixtes pour le développement sont donc inadaptés aux zones et populations les plus fragilisées.

Par ailleurs, l’absence de transparence et de mécanismes de suivi et d’évaluation menacent la qualité même de l’aide au développement. Il est impératif de conditionner ce dispositif aux entreprises respectant les droits humains et les principes d’efficacité de l’aide tels que définis par la communauté internationale. Enfin, Eurodad rappelle que l’aide au développement doit être affectée en priorité aux services publics, seuls garants d’une réduction des inégalités.