Un climat en crise : l’Afrique de l’Est est prise dans une course contre la montre

28/04/2017

Une étude d'Oxfam montre que le changement climatique exacerbe une situation catastrophique où se mêlent sécheresse, pauvreté, malnutrition chronique et faiblesse de la gouvernance.

Au moment où certains nient encore la réalité du changement climatique et de ses impacts, des millions de personnes luttent actuellement pour leur survie en Afrique de l’Est. Près de 13 millions de personnes en Ethiopie, au Kenya, en Somalie et dans la région du Somaliland souffrent très gravement de la faim et ont besoin d’urgence d’aide humanitaire.

Les personnes qu’Oxfam a rencontrées sur place nous ont confié qu’il s’agit, de mémoire d’homme et de femme, de la pire sécheresse que l’Afrique de l’Est a connue. Pour la troisième année consécutive, les températures sont en hausse et les précipitations très basses. La situation pourrait encore s’aggraver car la saison des pluies – de mars à juin – a du mal à démarrer cette année et les prévisions sont mauvaises.

Les études scientifiques s’accumulent pour montrer que le changement climatique contribue à cette crise. Si l’impact sur le niveau des pluies continue de faire débat, le consensus grandit sur le fait que le changement climatique contribue aux températures anormalement élevées que connait la région.

À l’échelle mondiale, les températures durant ces trois dernières années ont été les plus hautes jamais enregistrées. Notre rapport « Un climat en crise » permet de montrer que la hausse des températures aggrave les conséquences des sécheresses. Celle dont souffre actuellement l’Afrique de l’Est s’inscrit dans une tendance qui a débuté il y a trois décennies : désormais, pendant la saison des pluies de mars à juin, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes. Les cultures et les pâturages ont moins d’eau et dans cette région pastorale c’est toute une économie qui s’en trouve bouleversée.

S’il est certain que le changement climatique agit comme un catalyseur, la pauvreté chronique, la lenteur de l’action internationale et la faiblesse de la gouvernance ont aussi ébranlé la capacité de la population à cultiver, obtenir ou acheter de la nourriture. Il est plus que jamais nécessaire de s’attaquer aux causes profondes de la vulnérabilité et de la pauvreté qui rendent les populations si fragiles face aux changements météorologiques.

Lors des prochains grands rendez-vous internationaux (G7, G20), les chef-fe-s d’Etat et de gouvernement doivent réaffirmer leur volonté d’accélérer l’action contre le changement climatique et d’aider les populations les plus pauvres à faire face à ses impacts.