C’est le moment: comment les dirigeants mondiaux devraient répondre à la crise des prix alimentaires

03/06/2008

En trois ans, les prix alimentaires ont augmenté de 83% dans le monde.

La crise qui en résulte constitue une menace sans précédent pour les moyens d’existence et le bien-être de millions de ménages ruraux et urbains qui sont les consommateurs de base.

Oxfam International et nombre de ses partenaires ont vu ces prix obliger les gens à manger moins ou à s’a limenter de manière moins nourrissante. Les ménages peu fortunés doivent réduire leurs dé penses dans des domaines comme la santé, l’éducation et autres nécessités.

Oxfam estime que le niveau actuel des prix alimentaires constitue une menace immédiate pour les 290 millions de personnes qui vivent dans les pays les plus vulnérables à l’augmentation des prix.

La crise des prix alimentaires actuelle se déroule sur un arrière-fond de faim et de vulnérabilité incessantes pour des millions de personnes. Une faim persistante affecte 854 millions de personnes dans le monde, un chif fre qui signifie que nous ne sommes pas du tout dans les temps pour atteindre d’ici 2015 la réduction de 50% décidée en 2000 par la communauté internationale.

Les prix alimentaires vont très certainement rester élevés et volatiles pendant les années à venir à cause de l’augmentation des coûts de production dus aux prix pétroliers élevés et de la demande croissante en céréales. Celle-ci est liée à la croissance du secteur des agrocarburants et de la demande des consommateurs des pays émergents.

De plus, les changements climatiques semblent nous mener vers des conditions météorologiques et des catastrophes de plus en plus im prévisibles, exacerbant encore la volatilité des marchés et de la production et amoindrissant la disponibilité des denrées alimentaires ainsi que les revenus de millions de personnes.

Il est urgent d’agir contre la crise actuelle et d’éviter qu’elle ne se re produise. Mais cette crise révèle des opportunités aussi bien qu’une menace.

Malheureusement, aux niveaux locaux, nationaux et internationaux, les politiques et les institutions adéquates n’existent pas encore.

La crise des prix alimentaires représente un énorme défi à la prééminence et à la légitimité des institutions multilatérales mondiales, mais c’est également une véritable occasion d’apporter au système alimentaire et agricole des réformes qui auraient déjà dû être menées depuis longtemps.